jeudi 28 janvier 2016
Ça bouge chez FAImaison ! L'association s'installe dans une salle serveur
à Rezé, chez l'opérateur et hébergeur nantais Host.
Outre les services que cela ouvre aux adhérents, cette
démarche participe aux objectifs
portés par l'association
d'un réseau décentralisé et d'une infrastructure locale et maîtrisée.
Enfin, cette installation Do-It-Yourself est l'occasion pour nombre d'entre
nous d'en apprendre davantage concernant le matériel, les différents logiciels
et protocoles utilisés ou encore le marché des télécoms.

→ L'installation en images.
Datacenter ?
C'est une salle serveur, avec une alimentation électrique
redondée et un
accès sécurisé. Plusieurs opérateurs y sont présents, cela permet
à FAImaison d'héberger ses machines ainsi que celles de ses adhérents et de les
raccorder à internet (100Mbps, en envoi comme en réception).
FAImaison loue un quart de baie, soit 10 emplacements
rackables (on parle de « 10
U »).

Entendons nous bien, un quart de baie, c'est un petit placard assez moche avec
de l'électricité et du réseau.
Opérateur IP ?
FAImaison a besoin d'attribuer des adresses IP publiques aux machines et
services hébergées dans ce quart de baie. Notre
LIR, la coopérative
OpDop, a effectué les démarches administratives pour nous
réserver un bloc de 255 adresses IPv4 et 5x10²⁷ adresses IPv6.
FAImaison devient par le même coup un des réseaux qui composent internet
appelés systèmes autonomes ; cela nous donne la latitude de nous
interconnecter avec différents transitaires et de réaliser des interconnexions
directes (peerings) avec certains opérateurs « à portée de câble ».
→ Plus d'infos sur les interconnexions entres opérateurs IP (wiki Rhizome)
Nouveaux services proposés aux adhérents
Le but est de fournir différents services aux adhérent-e-s. Certains sont déjà
opérationnels et peuvent être souscrits dès maintenant :
D'autres services sont en cours de préparation par l'équipe adminsys de choc ;-)
- hébergement redondé de machines virtuelles, éventuellement chiffrées
- Accès VPN (par exemple pour la brique internet)
- Tout ce que les adhérents souhaiteront monter et maintenir
Ces services sont proposés à prix libre. Rendez-vous sur
la page services pour plus d'informations.
Nous avons également l'honneur d'accueillir les machines de l'association
Goleaks. D'ailleurs, c'est le moment de
les aider ; à vot'bon
cœur !
Merci !
(par ordre aléatoire)
- À nous (eh oui), l'équipe bénévole de FAImaison qui a su se mobiliser
collectivement sur tous les aspects de ce beau chantier
- À l'équipe de Host pour l'accueil et le suivi
- À Nantes Métropole pour la subvention
perçue au titre de
l'appel à projet
ESS, le coup de pouce
qu'il nous fallait pour investir dans du matériel
- À Alis44 qui nous a fait don de divers matériels
récupérés (switch, câbles…)
- À Grenode, qui nous a donné estran
son ancien routeur,
qui coule désormais des jours paisibles sous le nom de zephyr.
- À de nombreux membres des associations de la FFDN pour leurs conseils avisés
- À lulu d'OpDop pour les démarches administratives et le wikilulu, fort
utile pour
comprendre le RIPE
et communiquer avec ce dernier.
La suite ?
Dans une optique de résilience
et de décentralisation, FAImaison souhaiterait s'interconnecter (peering)
localement avec d'autres opérateurs réseau, et disposer de plusieurs
transitaires, notamment pour pouvoir communiquer en
IPv6.
Cela pourrait se faire au travers du jeune
point d'échange local OuestIX.
Cette infrastructure en propre répond également à un besoin pour les
chantiers d'accès internet en wifi de Cholet,
Nantes Bottière,
Chéméré, et Nantes
St-Félix. Il est
également envisagé de faire un départ radio depuis le datacenter lui-même.
Ce début d'infrastructure est un outil pour les envies et besoins des adhérents
, actuels et à venir, n'hésitez pas à nous rejoindre !

dimanche 27 septembre 2015
Dans la ville de Chéméré, entre
Nantes et Pornic se déroule les 26 et 27 septembre l'Opération
libre. C'est une initiative visant à publier sous
licence libre diverses données sur la commune : contributions cartographiques
sur OpenStreetMap, données issues des conseils
municipaux, numérisation de photographies et cartes postales anciennes, prise de
photographies aériennes par drone, etc. Le but ultime est d'encourager
l'appropriation et la participation à la vie de la commune.
FAImaison y prend part en installant un accès à internet à haut débit sur les
lieux de l'évènement. L'association montre ainsi qu'une approche participative
est possible pour créer un accès à internet permettant les pratiques modernes,
sans être soumis au bon vouloir des opérateurs majoritaires. Par la même
occasion, FAImaison apporte à la commune un débit dont celle-ci n'a jusqu'ici
jamais profité.
Un débit décent nécessaire pour l'Opération libre
Plus de cinquante personnes se regroupent pendant ce weekend durant lequel une
bonne proportion des présents utilise simultanément le réseau.
De plus, l'objectif de l'évènement est la production et la mise en ligne de
données libres, ce qui indique déjà à quel point un débit correct est essentiel.
Certaines données sont en outre demandeuses de bande passante pour être
transférées dans un temps raisonnable, comme de nombreuses photographies en
haute qualité prises dans la ville.
Le bon déroulement de l'évènement dépend donc du débit disponible, à la fois
montant comme descendant. Celui-ci est essentiel au partage et à la publication
des contributions.
Une desserte ADSL insuffisante
Chéméré bénéficie de connectivité ADSL à un débit moyen. Un test d'éligibilité
donne en effet un débit théorique descendant maximal d'environ 9 Mb/s à la
mairie. Un test effectif de bande passante au restaurant où se déroulent les
ateliers d'Opération libre ne donne que 3 Mb/s.
Ces chiffres s'expliquent par le fait que les lignes téléphoniques de la commune
sont reliées à un nœud de raccordement (NRA) situé à plusieurs kilomètres de là,
dans la ville voisine d'Arthon-en-Retz.
En outre, l'ADSL ne permet pas de dépasser 1 Mb/s en débit montant.
La situation est donc précaire et handicapante pour le déroulement de
l'Opération libre : lors de la préparation de l'évènement, il a vite été
question de chercher à faire mieux.
FAImaison met en place une desserte appropriée
FAImaison a mis en place un accès à internet à un débit symétrique d'environ
30 Mb/s grâce à une liaison sans fil de 13 km entre le clocher de l'église de
Chéméré et le toit de l'opérateur Alphalink situé à
Pornic.
Localement, les lieux de l'Opération libre ont été
desservis
avec ce lien : le restaurant « Le relai de
Chéméré » où se déroule la plupart
des ateliers thématiques, la
mairie où travaille l'équipe
Wikimedia et enfin le théâtre où
se situent les restitutions communes de fin de journée.
Au final, les participants à Opération libre se partagent un accès plus
approprié aux nécessités de l'évènement, quel que soit le lieu depuis lequel ils
travaillent. Ces débits rendent possible un transfert rapide de tous types de
contenus, notamment grâce à l'amélioration du débit montant particulièrement en
phase avec la nature contributive de l'évènement.
Processus de réalisation
Fournir du haut débit revient à résoudre un problème : où trouver un point bien
desservi et comment étendre cette desserte jusqu'au point voulu ? S'il est
simple à formuler, il peut être complexe à résoudre.
Voici un petit topo des étapes de la réalisation de cette desserte.
Préparation : deux pistes envisagées
Connaissant le potentiel des technologies sans fil et leur faible coût, la
réflexion s'est rapidement attelée à trouver un point bien desservi depuis
lequel une ligne de vue directe existe avec un point central de Chéméré. Ces
technologies exigent en effet qu'aucun obstacle conséquent ne soit présent entre
deux antennes.
Comme il est plus facile de réaliser des liaisons hertziennes courtes, l'idée
immédiate consistait à trouver une ligne ADSL ou VDSL2 proche du NRA
d'Arthon-en-Retz,
commune limitrophe de Chéméré. Dans le cas parfait, une ligne VDSL2 à proximité
immédiate du NRA permet un débit descendant de 92 Mb/s et un débit montant de
36 Mb/s (chiffres annoncés par OVH). Ces
chiffres décroissent cependant rapidement en s'éloignant du NRA et sont rarement
atteignables en pratique. Réaliser une ouverture de ligne xDSL uniquement
l'espace du weekend n'étant pas souhaité, il était nécessaire de trouver le
contact de personnes vivant suffisamment à proximité du NRA et désireuses de
mettre à disposition leur connexion pour le weekend.
Cette piste n'a pas été formellement éliminée, mais l'absence de contacts
répondant à ces critères l'a de facto mise en suspend, laissant la place à
d'autres idées.
Une autre piste a été explorée, basée sur la présence d'Alphalink à Pornic et le
constat que la distance de 13 km les séparant de Chéméré est franchissable
par une liaison sans fil.
Bonne surprise, le profil
altimétrique sur ce tracé
montre un relief favorable, c'est-à-dire deux extremités surélevées sans
obstacle majeur les séparant :


Après un accord de principe d'Alphalink pour nous laisser utiliser leur
connexion à 40 Mb/s symétriques pendant le weekend, il fallait approfondir
l'étude de faisabilité technique côté Chéméré.
Choix de points hauts à Chéméré
Un premier relevé de bâtiments et zones a priori intéressants de par leur
situation et leur hauteur a été effectué, en les collectant de façon peu
restrictive, d'abord en regardant simplement une carte comportant des
indications d'altitude puis en allant sur place observer les points
présélectionnés.
Être imaginatif et peu restrictif était important : si quelques points hauts
pourraient être parfaits, des contraintes humaines ou règlementaires peuvent les
rendre inaccessibles.
C'est ainsi que le sud-ouest de Chéméré, légèrement surélevé, a semblé à
première vue être une zone intéressante, au vu des courbes de niveau :

Enfin, outre l'évident clocher de l'église, des bâtiments tels que la salle
municipale ou le théâtre pouvaient être envisageables moyennant le placement
d'un mât.
Finalement, l'équipe municipale a organisé une visite du clocher en vue d'une
éventuelle installation d'antenne, et il s'est avéré évident qu'un apport
électrique en haut de celui-ci était aisé et que la vue semblait bien dégagée
dans la direction souhaitée :

Il y avait malgré tout quelques difficultés en perspective : l'espace très
restreint dans le clocher rendant difficile et acrobatique la circulation en son
sein, et les abattants en bois bouchant en grande partie les ouvertures vers
l'extérieur. Toutefois, ne pouvant espérer une vue extérieure aussi dégagée dans
un autre lieu, c'est bien sur l'église que le dévolu a été jeté.
Choix du matériel
Le choix du matériel est important pour une liaison stable au débit correct. En
se basant sur l'expérience et les conseils d'autres associations de la
Fédération FDN, le choix s'est porté vers du matériel de
marque Ubiquiti, en choisissant une paire d'antennes
AirGrid d'une part pour le lien entre
Pornic et Chéméré et un ensemble d'autres antennes
NanoStation, plus petites, pour les
liaisons de courte distance depuis l'église vers la mairie, le théâtre et le
restaurant.
À noter que le toit d'Alphalink, à la fois en hauteur et sur la côte, a aussi
influencé le choix vers des antennes à faible prise au vent au détriment
d'antennes potentiellement plus puissantes mais à plus forte prise au vent.

Premiers tests
Si les photographies et le profil altimétrique étaient encourageants, déterminer
si le lien allait être fonctionnel ne pouvait être fait qu'avec un test
réel.
L'antenne d'Alphalink ayant été fixée par leurs soins et pointée vers Chéméré,
il était temps de pointer celle du clocher dans leur direction pour voir si
elles recevaient le signal l'une de l'autre. Il était toutefois exclu de
commencer de quelconques travaux de fixation dans le clocher avant d'avoir un
niveau de certitude suffisant que le lien allait fonctionner.

À califourchon sur l'axe de la plus haute cloche, en orientant approximativement
l'antenne à la main, il a été possible d'obtenir un signal de très faible
puissance. Résultat à la fois encourageant et un peu décevant : encourageant car
cela semblait confirmer l'absence d'obstacle rédhibitoire sur le trajet du
faisceau, mais décevant car un signal si faible ne permet pas d'atteindre un
débit satisfaisant.
Pour aller un peu plus loin avant de se décider à fixer l'antenne, quelques
abattants en bois ont été démontés pour tester à nouveau avec moins d'obstacles.
Une amélioration du signal a été constatée immédiatement, montrant que de
petites modifications peuvent avoir un impact significatif. Ceci a incité à
effectivement fixer l'antenne pour régler d'autres détails permettant
d'améliorer encore la qualité de la liaison : ajustement plus précis de
l'orientation et sortie de l'antenne du clocher pour éviter complètement les
bords du mur du clocher.
Mise en place du lien Pornic-Chéméré
Fixer l'antenne au clocher a été, de loin, la partie la plus complexe et la plus
acrobatique. Sans accroche possible dans la pierre sur le mur extérieur, il
fallait fixer un axe horizontal à l'intérieur et accrocher l'antenne à son
extrémité, à l'extérieur. Deux points d'attache pour l'axe paraissaient
envisageables : la structure métalique tenant les cloches ou la charpente en
bois du clocher.

La structure métalique est épaisse, difficile à percer et susceptible de vibrer
lorsque les cloches sonnent. Le bois de la panne
faîtière a donc été
privilégié, d'autant plus que l'extrémité de celle-ci se situe juste au-dessus
de l'ouverture la mieux orientée dans le clocher, permettant un placement de
l'antenne à la plus haute position possible.

L'ouverture dans le clocher étant trop étroite pour faire sortir l'ensemble
axe-antenne, il a fallu d'abord fixer et sortir l'axe puis placer l'antenne à
son extrémité, à bout de bras. C'était l'étape la plus difficile physiquement
tout en nécessitant une grande attention pour que l'antenne ne tombe pas du haut
du clocher. Les tentatives pour agrandir l'ouverture en enlevant des abattants
ont été infructueuses, ceux-ci résistant au maillet comme au pied-de-biche.

Une fois l'antenne fixée solidement, il était possible de la faire pivoter
progressivement horizontalement et verticalement tout en étant en contact
téléphonique avec Pornic et en suivant l'évolution des indicateurs de qualité de
signal afin de trouver la meilleure orientation.
Le lien a été jugé satisfaisant à un niveau de signal d'environ -68dBm et des
tests de débit sur le lien atteignant au maximum 40 Mb/s.

Mise en place de la desserte locale
La connectivité parvenant en premier lieu au clocher de l'église, les autres
lieux ont été desservis avec des liaisons sans fil de courte portée depuis le
clocher. La mairie comme le théâtre se situent chacun à quelques dizaines de
mètres de l'église. Concernant le restaurant, un saut intermédiaire par le toit
de l'entreprise Aqua Production a
été réalisé.
Un commutateur réseau a été placé dans le clocher, reliant par câble l'ensemble
des antennes y étant situées : l'antenne AirGrid vers Pornic et les NanoStation
vers la mairie, le théâtre et Aqua Production.
Le toit d'Aqua Production a été équipé d'une paire d'antennes pour relayer le
signal vers le restaurant : un court mât fiché dans un emplacement présent sur
le toit a été suffisant, et de longs câbles pour alimenter les antennes.

Au restaurant la dernière antenne a été fixée à un pied de tabouret avec du
ruban adhésif.

Des points d'accès sans fil classiques ont finalement été placé dans chaque
lieu. Le restaurant a aussi été équipé de commutateurs pour l'accès filaire de
machines fixes mises à disposition par l'association
Naga.
En amont, une étape de configuration de toutes les antennes a été nécessaire,
sans difficulté technique majeure mais longue du fait de la répétitivité de la
tâche : attribuer à chacune une adresse IP différente et paramétrer la
configuration sans fil.
Coûts et temps humain
L'ensemble des antennes est revenu à environ 500€. Quelques câbles et éléments
de fixation ont également été achetés pour environ 150€. Les déplacements les
jours précédant l'évènement ont engendré des frais estimés à environ 100€.
Plus difficile à comptabiliser, beaucoup de matériel a été prêté par de
nombreuses personnes pour l'évènement : câbles, rallonges, outils, etc.
Au total, la mise en place d'un lien à environ 30 Mb/s à Chéméré a été possible
pour un coût avoisinnant 1000€. Si c'est une somme non négligeable pour un
particulier, cela est très abordable à l'échelle d'une commune ou d'un collectif
et peut inciter des communes attendant l'arrivée du haut débit depuis longtemps
à s'intéresser à ce type de solutions, d'autant plus qu'elles sont rapides à
mettre en place et non destructrices pour la voirie.
Le temps bénévole passé sur ce projet est conséquent : au moins deux membres de
FAImaison ont été présents quatre à cinq heures par jour pendant les cinq jours
précédant Opération libre. Le jour de la fixation dans le clocher, quatre
bénévoles étaient présents toute la journée. Quelques réunions et visites de
reconnaissance avaient aussi été effectuées avant cela.
L'indispensable réseau humain
Parvenir à une telle mise en place à un coût si faible est impossible sans de
nombreuses bonnes volontés aptes à collaborer de façon fluide et efficace.
L'accord de principe fourni très tôt par Alphalink a été le déclencheur
permettant de lancer l'initiative. Par la suite, les quelques personnes de
l'entreprise motivées par le projet ont montré enthousiasme, réactivité et
compétence : elles ont rapidement étudié la faisabilité du lien, conçu un
dispositif de fixation et finalement assuré l'attribution d'adresses IP et le
routage du trafic de et vers internet.
La commune de Chéméré et ses services techniques ont été des facilitateurs
indispensables. Ils ont accordé une grande confiance à FAImaison en laissant les
membres accéder librement au clocher de l'église pendant plusieurs jours et y
faire des travaux. Ils ont aussi fourni aide et outils et ont aidé à établir le
contact avec Aqua Production pour l'utilisation leur toit. Ici aussi, cette
dernière a immédiatement donné son accord.
Un élu chéméréen travaillant au magasin Espace
émeraude de
Saint-Hilaire-de-Chaléons, ce dernier nous a permis de tester différents
équipements de fixation dans le clocher et de ne conserver et payer que ceux
effectivement utilisés.
Enfin, l'association organisatrice
LiberTIC a permis les mises en relation
initales, et les nombreux bénévoles participants ont fourni du matériel aidant à
la finalisation des points d'accès dans les lieux desservis.
Globalement, l'attitude exceptionnellement constructive et enjouée de toutes les
parties a été un facteur essentiel de réussite du projet et a engendré un
travail collaboratif enthousiasmant et enrichissant. Cela montre également à
quel point le réseau humain est un préalable essentiel à la création
participative d'un réseau technique.
Pérennisation et avenir de l'internet à Chéméré
Après l'évènement, la question de la pérennisation de la desserte se pose,
Chéméré n'ayant jusqu'ici jamais bénéficié d'un tel débit. La liaison étant
fonctionnelle et testée, il existe de fait une opportunité d'en faire profiter à
plus long terme des habitants de la commune dans des délais réduits.
En parallèle, Chéméré bénéficiera d'ici quelques mois du plan de montée en
débit
du Conseil départemental. Outre le fait que certains habitants peuvent apprécier
d'être acteurs et maîtres de leur accès à internet via l'approche
participative et militante de FAImaison, les deux
solutions techniques doivent être vues comme complémentaires pour une bonne
desserte du territoire.
Poursuivre dans cette direction nécessite la poursuite du travail collaboratif
entre Chéméré, FAImaison et Alphalink, et des discussions et réflexions auront
lieu dans les semaines qui viennent.
dimanche 13 septembre 2015
Autour de Chemnitz (Est de
l'Allemagne), le collectif Freifunk aide
les réfugiés syriens en installant des points d'accès à internet à proximité des
camps d'accueil et montre ainsi comment adoucir concrètement la précarité de
leur situation.
Leur
billet
à ce sujet est relayé ici en français en guise de coup de pouce, de telles
initiatives méritant d'être soutenues ou créées pour que chacun puisse décemment
prétendre aux droits les plus basiques. À Chemnitz, Nantes, Calais, Budapest et
ailleurs, partager son temps, son argent ou ses compétences peut donner des
résultats concrets. En 2014, FAImaison avait invité un bénévole de Freifunk
Chemnitz pour une
conférence
présentant leur collectif.
Faute de ressources, FAImaison n'est pas engagée sur de tels projets dans son
périmètre d'action, mais ses membres seront ravis de partager leur savoir et
conseiller des personnes souhaitant s'investir. N'hésitez pas à
contacter l'association.
Aider Freifunk Chemnitz peut se faire en donnant de l'argent, en envoyant du
matériel (FAImaison peut conseiller) ou, pour ceux qui administrent des
serveurs, en fournissant des nœuds de sortie au réseau Freifunk.
Billet initialement publié le 8 septembre, traduit de l'allemand par quelques
bonnes volontés.
L'aide aux réfugiés par la pratique
Depuis hier, notre première installation est en ligne et permet de connecter un
refuge au réseau sans fil de Freifunk. À ce stade, nous tenons à remercier tous
les donateurs qui ont pris en charge le coût de l'installation via notre site
BetterPlace
en seulement deux jours.

Nous avons installé quelques NanoStations (NDT : petites antennes sans fil)
sur le toit d'un bâtiment proche du refuge, qui permettent de relayer la
connectivité d'un nœud Freifunk existant. La société propriétaire de
l'immeuble nous a accordé rapidement et efficacement la permission.
Un test rapide depuis le refuge nous a confirmé le bon fonctionnement de la
connexion. Nous n'avons cependant pas eu l'autorisation d'installer des
équipements à l'intérieur du refuge pour couvrir l'intégralité du lieu.
Immédiatement après l'installation, nous avons pris contact avec les réfugiés,
et les avons informés de la possibilité de communiquer avec leurs proches : ils
ont immédiatement exprimé leur gratitude. Dans le courant de la journée, les
NanoStations ont enregistré plus de 500 sessions avec un pic à 30 appareils
connectés simultanément.
Nous espérons pouvoir connecter au plus vite d'autres centres de réfugiés, qu'il
s'agisse de refuges d'urgence ou bien de centres d'hébergements collectifs. Pour
cela, nous avons besoin de davantage de dons pour acheter le matériel
nécessaire.