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Municipales 2020

mardi 28 juillet 2020

Avant les deux tours des élections municipales 2020, FAImaison a adressé huit questions à l'ensemble des listes candidates pour connaître leur opinion sur la protection des données personnelles, la promotion du logiciel libre et des alternatives aux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, et tous les autres), la vidéo surveillance et la reconnaissance faciale. Vous retrouverez le contenu exhaustif du questionnaire en cliquant ici.

Nous aurions été ravi·es de pouvoir échanger sur ces sujets d'importance, à l'heure de la dématérialisation des services publics et dans un contexte d'utilisation de nombreux services numériques pendant le confinement, des services audio et vidéo à « stopcovid ». Nous avons reçu trois réponses, de Saint-Herblain en Commun, Rezé à gauche toute et Nantes ensemble dont vous trouverez le contenu en fin de cet article. Quelles que soient les causes de ce nombre réduit de réponses, nous pensons qu'il est indispensable de poursuivre ce travail de sensibilisation et de questionnement des élu·es. FAImaison continuera d'informer et d'être actif sur ces thèmes.

Si ces sujets t'intéressent, n'hésite pas à passer nous voir par exemple pour un apéromaison (le 3ème jeudi de chaque mois) ou à la permanence à B17. Tous les renseignements sont ici

Réponse de Saint-Herblain en commun (reçue dans le cadre du premier tour) :

Comment comptez-vous former les citoyens et citoyennes à la protection de leurs données personnelles, notamment les plus jeunes et les séniors ?

Saint-Herblain en Commun envisage de former les citoyens et citoyennes notamment par le biais d’ateliers, en partenariat avec les CSC et l’accueil municipal au public. Le collectif souhaite s’appuyer sur les acteurs de son territoire, pour être au plus proches des habitant.e.s et de leurs réalités.

Comment garantir la bonne application du RGPD (règlement général sur la protection des données) par les différents services de la ville ?

Le référent RGPD (Monsieur Stéphane POIBEAU, Responsable du Service des Systèmes d’Information, comme délégué à la protection des données [DPO]) est obligatoire au sein des services municipaux, il existe déjà sur la ville de Saint-Herblain. Saint-Herblain en Commun tient à maintenir confiance et transparence vis-à-vis des aministré.e.s et des agents de la commune.

Comment comptez-vous garantir la sécurité des données personnelles des citoyens face aux cyberattaques de plus en plus nombreuses visant les collectivités ?

Le premier garde-fou auquel s’engage Saint-Herblain en Commun est la formation des agents. Le service informatique de la ville a été sensibilisé à ce sujet par le biais de formations. Par le passé, les systèmes informatiques de la commune ont déjà été attaqués mais aucune conséquence n’a été répertoriée.

Comptez-vous favoriser l'usage des logiciels libres dans l'ensemble de l'administration ? Comment ?

Saint-Herblain en Commun envisage de mettre en place les formations et les outils libres à disposition des agents de la commune.

Êtes-vous pour ou contre la vidéo-surveillance ?

Le collectif s’affirme pour la prééminence des moyens humains sur les techniques et numériques, notamment sur la thématique de la sécurité.

Êtes-vous pour ou contre la reconnaissance faciale ?

Saint-Herblain en commun est contre la technologie de reconnaissance faciale.

Réponse de Rezé à gauche toute (reçue dans le cadre du premier tour)

Réponses publiées sur le site de liste Rezé à gauche toute

Comment comptez-vous former les citoyens et citoyennes à la protection de leurs données personnelles, notamment les plus jeunes et les séniors ?

Ce n’est pas à proprement parler une compétence de la commune. Néanmoins, des leviers existent et c’est ainsi que nous souhaitons réorienter le projet de la galerie numérique de la médiathèque vers un programme d’éducation populaire sur les questions de numérique. Les jeunes et les séniors font partie des publics naturels de la médiathèque.

Comment garantir la bonne application du RGPD (réglement général sur la protection des données) par les différents services de la ville ?

Le RGPD est obligatoire et à ce titre les services de la ville sont déjà tenus de l’appliquer dans leur action. Néanmoins nous souhaitons le mettre en avant, afin qu’il soit compris et utilisé par l’ensemble de la population. Avec une page explicative sur le site de la mairie qui à ce jour ne retourne aucun résultat pour « RGPD ». Dans la même idée, nous proposons d’identifier le ou la responsable RGPD de la commune dans les mentions légales du site web afin que tout·e citoyen·ne puisse faire valoir simplement ses droits de consultation, de rectification, de transmission, mais également de suppression définitive de ses données.

Comment comptez-vous garantir la sécurité des données personnelles des citoyens face aux cyberattaques de plus en plus nombreuses visant les collectivités ?

C’est à nouveau du ressort des services communaux concernés. En terme d’orientation politique, nous proposons de favoriser l’usage des logiciels libres dans les services. De part leur audit libre, nous considérons qu’ils offrent une protection supplémentaire face à ces attaques. De même, nous comptons mettre en place une politique de limitation des données collectées et de leur conservation par la commune. Réduire la quantité de données sensibles, c’est aussi réduire les risques et les conséquences d’attaques informatiques.

Comptez-vous favoriser l’usage des logiciels libres dans l’ensemble de l’administration ? Comment ?

Oui, notamment en les privilégiant pour tout ce qui relève des achats publics. En les proposant sur les postes des personnels de la ville et ceux utilisés par le public, en lieu et place des logiciels privateurs existants. Rapidement dans les domaines où les équivalents sont immédiatement connus (navigation internet, bureautique, email), puis progressivement pour les applications-métiers et les systèmes d’exploitation.

Êtes-vous pour ou contre la vidéo-surveillance ?

Nous y sommes opposé·es et avons été les seul·es à voter contre la surveillance de masse de la population au conseil municipal de Rezé.

Êtes-vous pour ou contre la reconnaissance faciale ?

Nous y sommes opposé·es puisqu’elle est concomitante de la vidéosurveillance. Davantage même, puisque les risques pour les libertés individuelles sont encore plus graves.

Que pensez-vous du portail captif requérant le passage par les GAFAMs pour l’accès au réseau WiFi Rezé-public ?

Nous y sommes fermement opposé·es, comme indiqué au point 7.2 de notre programme.

Réponse de Nantes ensemble (reçue dans le cadre du premier tour)

Comment comptez-vous former les citoyens et citoyennes à la protection de leurs données personnelles, notamment les plus jeunes et les séniors ?

Nous souhaitons renforcer les Tiers-Lieux, des lieux de proximité au sein des quartiers qui seront des lieux de co-réparation et de réemploi. Au sein de ces lieux, des associations seront encouragées à organiser des ateliers de médiation et d’acculturation au numérique responsable, et donc à la prise de conscience des dangers de l’exploitation des données individuelles. Ces ateliers permettent aussi de parler de diffuser les bonnes pratiques en matière de numérique.

Nous prévoyons la mise en place d’une équipe de médiateur.rice.s dédiée à l’éducation numérique au sein même des lieux gérés par la Ville ou la Métropole, et interviendrons dans les écoles, les entreprises.

Comment garantir la bonne application du RGPD (réglement général sur la protection des données) par les différents services de la ville ?

La Charte Métropolitaine de la Donnée atteint aujourd’hui un niveau satisfaisant de respect de la RGPD. Nous souhaitons aller plus loin et y intégrer les principes de la sobriété numérique, qui visent à limiter le déploiement de nouveaux logiciels et applications. Le DPO sera chargé de veiller au respect de ces principes.

  • Nos partenaires et sous-traitants seront sélectionnés selon des critères Numérique Responsable qui imposent un cahier des charges strict en matière de respect de la protection des données.
  • Les sites de la ville et la métropole devront proposer une interface utilisateur claire et éco-conçue, mettant en avant l’accord d’utilisation de données, conformément à l’application de la RGPD notamment en cas d’utilisation des cookies.
  • Nous créerons un comité Numérique rassemblant les différents corps de la société civile et économique d’experts du numérique responsable. Ce comité sera chargé de passer en revue la politique numérique publique et sera garant de l’intérêt écologique et sociétal des mesures.
  • Ce comité aura aussi pour but de favoriser la mise en commun de la feuille de route numérique des organismes publiques et des organismes privés et s’assurer que la politique numérique sert les stratégies environnementales.

Comment comptez-vous garantir la sécurité des données personnelles des citoyens face aux cyberattaques de plus en plus nombreuses visant les collectivités ?

Comptez-vous favoriser l'usage des logiciels libres dans l'ensemble de l'administration ? Comment ?

Oui. Nous voulons expérimenter les logiciels libres à l’échelle de la métropole. Les valeurs de l’opensource et du libre rejoignent dans une large mesure celles de notre liste : travail communautaire, service de l’intérêt général, transparence et juste prix.

Nous travaillerons selon un calendrier inspiré par le retour d’expérience de la mairie de Fontaine :

  • 1er temps : choix de logiciels libres d’infrastructure (messagerie, serveur de fichiers, annuaire informatique, etc.)
  • 2è temps : migration des logiciels tournant sur PC sous Windows vers du libre (eg. : Thunderbird pour les mails, Firefox pour le web)
  • 3è temps : changement de suite bureautique. Ce changement devra être accompagné de sessions de formation pour les aider à migrer leurs connaissances et leurs données.
  • 4è temps : migration du système d’exploitation. Ce processus, complexe, devra être conduit selon le principe de l’apprentissage par l’exemple plutôt que par la contrainte.

Ce processus devra se faire avec le concours de tou.te.s et sous la supervision de la direction de systèmes informatiques. Il s’agit à la fois d’un changement culturel dans l’approche du numérique et de l’informatique et d’un changement technique important qui demandera une rigueur particulière et des moyens humains associés.

Êtes-vous pour ou contre la vidéo-surveillance ?

Contre (est-ce qu’on a besoin d’argumenter ?)

Êtes-vous pour ou contre la reconnaissance faciale ?

Contre (est-ce qu’on a besoin d’argulenter ? )

Depuis quelques mois, l'accès Internet via Nantes Wifi public ouvre automatiquement une page sur le moteur de recherche Google. Seriez-vous d'accord de modifier cela pour proposer par défaut https://qwant.fr ou https://start.duckduckgo.com ?

Qwant : Oui ! C’est une initiative nationale et plus il y aura d’utilisateurs, plus le moteur de recherche prendra de l’ampleur devant Google. C’est notre devoir de soutenir les initiatives numériques « locales ».

Interview pour Radio Canut

vendredi 1 mai 2020

Nous avons été sollicité·e·s le 24 avril 2020 par Radio Canut (Lyon) pour une interview sur les libertés numériques en général et l'application StopCovid en particulier.

C'est ainsi que MeTaL_PoU et Chre ont participé à l'émission « On est pas des cadeaux ! » et on pu échanger avec -so- le 27 avril sur ces sujets.

Vous pouvez écouter cette émission [1h] diffusée à l'antenne le 1er mai 2020 ici :

Sur le site de l'émission « on n'est pas des cadeaux »

(copie locale de l'interview)

Et n'oubliez pas au passage d'apprécier la savoureuse bande son !

Arpentage du rapport de Mounir Mahjoubi sur le tracage des données mobiles dans le cadre de la lutte contre le coronavirus

samedi 11 avril 2020

Jeudi 9 avril 2020, nous avons organisé l'arpentage du rapport de Mounir Mahjoubi, intitulé Traçage des données mobiles dans la lutte contre le Covid-19 et publié le 6 avril 2020. Cette note parlementaire a été transmise le 6 avril 2020 aux député·e·s. Nous avions envie de vous partager ce qui s'est passé pendant ces deux heures et ce que nous en avons retenu, car cela nous paraît indispensable.

EDIT : Une version lue, enregistrée par les camarades de Radio-Galère de Marseille , à écouter ci-dessous, ou à télécharger (émission Privé·e·s de sortie du 17 Avril) :

L'arpentage est un outil d'éducation populaire qui permet de lire, à plusieurs, un texte (livre, brochure, etc). Le texte est découpé en autant de morceaux qu'il y a de participant·e·s. Chacun·e lit individuellement son extrait, s'en imprègne et en restitue sa lecture au groupe. Chaque participant·e a pu partager sa lecture à partir de trois questions :

  • qu'est-ce que je savais déjà dans ce que j'ai lu ?
  • qu'est-ce que j'ai appris dans ce que j'ai lu ?
  • quelles questions ont été levées dans ce que j'ai lu ?

Le rapport fait une quarantaine de pages, nous étions neuf. Cinq pages par personne et vingt minutes plus tard, nous avions fini de lire et avons discuté et partagé pendant encore une heure et demie. Voici ce que nous en avons retenu, les remarques et interrogations soulevées lors de nos échanges sur le sujet.

De quoi est-il question dans cette étude ?

Ce document fait un état des lieux du pistage des populations par le biais des smartphones pendant la pandémie, en s'appuyant notamment sur ce qui se passe à l'étranger. Mounir Mahjoubi y recense trois objectifs distincts :

  1. L’observation des pratiques collectives de mobilité et de confinement (i.e. cartographie des déplacements de population).
  2. L’identification des sujets “contact” (i.e. backtracking ou contact tracking).
  3. Le contrôle des confinements individuels

Y sont évoquées plusieurs technologies : le bornage téléphonique, des applications GPS, des applications Bluetooth, les systèmes de cartes bancaires et de transport, la vidéosurveillance dotée ou non d’intelligence artificielle.

Pour chaque objectif, sont déclinées les différentes technologies possibles, et y sont analysés les "potentiels" et les "limites".

Les applications de traçage bluetooth

Il est largement question d'applications utilisant le bluetooth du téléphone. Leur but serait de savoir si notre téléphone a été à proximité du téléphone d'une personne infectée et d'en être informé·e. Ce type de système nous a questionné à plusieurs titres.

Tout d'abord, le rapport précise que l'efficacité de ce type d'outils sécuritaires n'est pas prouvée. De façon plus globale, le rapport ne mentionne que peu cette question et évoque un vague contrôle citoyen.

[Les applications bluetooth] n’ont pas encore fait la preuve de leur efficacité sanitaire.

Les opportunités offertes par les nouvelles technologies ont pour clé de voûte l’acceptation populaire. Celle-ci repose sur plusieurs exigences, dont une proportionnalité des méthodes aux objectifs, une pleine transparence des pratiques, et notamment des codes informatiques, et une véritable gouvernance indépendante de contrôle, en capacité d’évaluer efficacement et à tout moment les pratiques et leurs performances sanitaires.

− Citations issues du rapport, page 4

On apprend dans le rapport qu'il faut que 60% de la population soit équipée de l'application bluetooth pour espérer en voir des effets. La France compterait un taux d'équipement de smartphones à hauteur de 80%. On comprend alors que l'on atteindra très difficilement 60% d'installation de ce genre d'application si on se base sur le simple volontariat. Les hypothèses avancées pour augmenter le taux d'équipement de la population seraient de passer par une phase de promotion propagande dans les médias, l'utilisation de personnes faisant autorité (professionnels de la santé, ...), d'utiliser des méthodes coercitives, voire d'imposer l'installation de l'application en demandant de l'aide aux éditeurs de système d'exploitation (android, ios, ...) et/ou aux opérateurs mobiles.

Comment fonctionne ce genre d'applications ? Elles gardent la liste des identifiants des téléphones mobiles qui ont été proches les uns des autres en les communicant via Bluetooth. Dans le rapport, il est mis en évidence que l'identité du propriétaire du téléphone et que les informations personnelles ne sont pas nécessaires au fonctionnement de l'application : un simple identifiant unique par mobile est utilisé. Une liste de questions arrive :

  • Combien de personnes portent le téléphone d'un·e autre ? On peut donc en conclure que quand bien même l'identifiant est porté par un téléphone on identifie assez fortement la personne porteuse elle-même.
  • Quid aussi du fait qu'on oblige les gens à avoir le bluetooth allumé en permanence alors que d'une part, cela peut poser problème en terme de sécurité et d'autre part, que cette technique est utilisée par les professionnels du marketing pour nous suivre à la trace ?

En plus de cette efficacité non-prouvée, le rapport souligne d'autres problèmes comme le faux sentiment de sécurité qui en découle :

  • Une personne peut se trouver dans une zone infectée mais sans qu'un téléphone équipé ne soit présent (le risque est là mais l'application ne sert à rien)
  • L'anxiété générée due au fait que nous pouvons être notifié à tout moment lors d'une possible infection.

Fadettes et backtracking

Avant même l'utilisation d'applications mobiles, il a déjà été envisagé de tracer les personnes via leur opérateur mobile : en requérant les factures détaillées (fadettes), mais aussi l'historique de géolocalisation enregistré par les antennes relais (bornage). C'est ce bornage qui permet le fameux « backtracking ».

C'est le cas entre autres en Allemagne ce qui a suscité un tollé. L'idée d'une application exploitant le bluetooth émerge alors, avec l'aide d'autres partenaires Européens.

Un des critères d'acceptabilité serait de la rendre open-source, le code serait donc consultable par toutes et tous. Quand bien même l'application serait open-source, ça ne la rendrait pas plus acceptable. Ce genre d'outils rejoint la longue liste des dispositifs techno-solutionistes très dangereux du point de vue des libertés publiques et individuelles. Les bénéfices sont douteux et les menaces pour la population bien réelles.

Le rapport ajoute que ce genre d'applications ne serait efficace que couplé avec des tests de dépistage massif, ce qui est attendu depuis le mois de janvier en France.

La question du consentement

Se pose aussi la question du libre consentement d'avoir nos données traitées et nos vies tracées :

  • Que restera-t-il comme activité libre pour les personnes refusant légitimement d'être équipées d'un tel dispositif ?
  • Comme les lois sécuritaires du terrorisme ont servi à assigner à résidence des militants écologistes, l'urgence sanitaire ne permettra-t-elle pas de confiner à demeure des groupes politiques, syndicaux, de croyance, sexuels ou autre ?
  • Quelles sont les garanties sur la fin de mise en place de ce dispositif ?
  • Existe-t-il un contre-pouvoir pour surveiller la mise en place de ce dispositif ?
  • Quelles seront les garanties de voir désinstallée cette application après la crise sanitaire ?
  • Comment garantir que la finalité n'évoluera pas dans le temps ? (dérive étatique pour confiner des personnes sous prétexte sanitaire en fonction de leur sensibilité politique, de croyance, sexuelle...)

Ce qu'on en a retenu

Les moyens techniques sont déjà là, il suffit de les exploiter de façon plus importante qu'aujourd'hui, notamment en ajoutant des passerelles entre les acteurs privés qui collectent ces informations et l'État.

Pour fonctionner, de nombreuses applications mobiles récupèrent et stockent les coordonnées GPS de leurs utilisateurs.

Il en va ainsi d’applications populaires, telles que GoogleMaps, Waze, Facebook, Instagram, Whatsapp ou encore Lime. Les historiques ainsi constitués par les applications les plus utilisées peuvent ainsi être agrégés et anonymisés pour témoigner de mouvements de population à l’échelle d’un continent, d’un pays, d’une ville ou d’un quartier.

− Citation issue du rapport, page 11

La question des libertés individuelles, de libre circulation et de rassemblement passe très au second plan en raison de la gravité de la situation sanitaire. Nous sommes face à de simples « promesses » d'utiliser ces dispositifs uniquement pour notre bien. L'Histoire, y compris récente avec l'intégration dans le droit commun de l'état d'urgence lié au terrorisme, nous démontre qu'on ne doit pas faire confiance à ces discours, et que ces outils de contrôle social continueront très probablement à être utilisés après la crise actuelle.

Pour l’Etat, l’enjeu de données fiables et détaillées sur les mouvements de population est double :

  • A l’échelle nationale et régionale : Adapter par anticipation les capacités médicales, sociales et sécuritaires en fonction du nombre réel de personnes présentes à un endroit donné.
  • A l’échelle d’un quartier : Détecter les espaces publics anormalement fréquentés en temps de confinement pour permettre d’adapter localement les réponses sociales, sanitaires et sécuritaires.

− Citation issue du rapport, page 6

Nous savons également qu'avoir un discours qui ne va pas dans le sens de plus de sécurité est difficilement audible. C'est déjà le cas dans un contexte terroriste, c'est encore plus vrai lorsqu'il s'agit de santé ou de vies à sauver.

Quelle porte de sortie ?

  • Il faut tester et dépister la population
  • Il faut des moyens de se protéger (des masques, du gel hydro alcoolique et du savon)
  • Il faut une prise de conscience que chaque geste d'hygiène contribuant à retarder le virus donne plus de chances à nos hopitaux de pouvoir suivre la cadence
  • Il faut plus de moyens pour l'hôpital public

À la lecture de ce rapport, on peut voir que la peur semble tout pouvoir justifier. En particulier, que peut-on opposer lorsqu'il s'agit de sauver des vies ? Pour autant, il n'est fait mention nulle part d'une réelle efficacité de tels outils de contrôle sur la lutte contre la diffusion du virus.

Dans certains pays, des dispositifs étatiques de collecte et de traitement massif de données sans consentement des utilisateurs ont été mis en place dans le cadre de mesures exceptionnelles. L'efficacité réelle de ces dispositifs reste à ce jour mal évaluée.

− Citation issue du rapport, page 4

Nous avons également remarqué l'utilisation de nombreux éléments de langage destinés à aseptiser la réalité, par exemple :

La Chine, Taïwan et la Corée du Sud exploitent de nombreux leviers technologiques, parfois avec succès, mais en questionnant les libertés.

− Citation issue du rapport, page 2

Des questions sur la réalité de l'anonymisation des données restent en suspens. Ainsi, dans le cas de l'utilisation via bluetooth, sachant que chaque téléphone a un référent unique, comment garantir que les données ne seront pas liées à une personne physique ? En outre, l'anonymisation des données de géolocalisation est aussi questionnable : la géolocalisation dit où nous habitons par exemple. De même, l'utilisation de détection, en champs proche, de deux appareils permet, en partant d'un téléphone donné, de savoir à quelle distance probable se trouvent leurs porteurs (un appareil croisé il y a 10 minutes est forcément proche de l'appareil observé, par exemple).

Telles que présentées par nos gouvernants et relayées par les médias, ces solutions de pistage semblent rencontrer un large écho favorable auprès de la population. Comment penser autrement lorsqu'elles sont présentées comme l'unique solution viable pour sortir du confinement ? Il est probable que plus le temps passe, plus la population se saisira de la première solution à portée de main pour se déconfiner, sans réflexion préalable.

C'est pourquoi il convient de défaire cet argumentaire fallacieux et orienté, en expliquant que d'autres solutions peuvent permettre de sortir de cette situation.

Sachez qu'entre le moment de notre arpentage et maintenant, Google et Apple on annoncé qu'ils allaient unir leurs efforts avec une techno"solution" commune...

Pour approfondir sur ce sujet, vous pouvez lire l'éditorial de Serge Halimi qui permet de comprendre dans quoi cette volonté de tracer les populations s'inscrit, quelles sont les extensions possibles et aussi d'apprendre que ce genre de dispositif, mis en place lors de moments particuliers, restent toujours après que ces événements soient passés. Ce sont donc des menaces durables une fois qu'elles sont là.

Nous avons, au cours de cet arpentage, parlé des ouvrages suivants :

  • la stratégie du choc de Naomi Klein (existe aussi en vidéo) - parce que cet ouvrage résonne encore plus dans la période actuelle
  • Surveiller et punir, de Michel Foucault
  • la théorie du drone (accès libre pendant le confinement) - sur l'aspect psychologique de ces engins panoptiques
  • Ni dieu ni maitre, une histoire de l'anarchisme livre 1 et 2 (existe aussi en vidéo)

Crise sanitaire : FAImaison propose des outils de télé-coopération

dimanche 22 mars 2020

Face à l'épidémie de COVID-19, limiter temporairement les contacts physiques nous demande de nous organiser collectivement (cours, réunions…) à distance, par Internet notamment.

À l'instar de framasoft, qui subit une grosse affluence ces jours-ci, des bénévoles de FAImaison ont mis en place quelques outils de télé-coopération en accès libre et gratuit.

Ils s'utilisent gratuitement, dans le navigateur, sans rien installer, et quel que soit le système d'exploitation (GNU/Linux, Windows, OSX, Android, iOS…).

EDIT du 6 Avril : nouvel outil : mumble !

Les 4 outils sont…

1. BigBlueButton : conférences et cours à distance

➡️ https://bbb.faimaison.net/

Permet une visio-conférence avec un·e maître·sse de cérémonie et un « tableau » central, partage d'écran, mise en place de sondage, prise de notes collaborative, enregistrement de la présentation. BigBlueButton fonctionne aussi sur mobile depuis le navigateur.

Notre serveur est dimensionnée pour tenir une vingtaine de conférences en parallèles avec 2 à 10 participant·e·s par conférence.

2. Jitsi meet : visio-conférence

➡️ https://videoconf.faimaison.net/

Visio-conférence / audio-conférence et partage d'écran.

L'usage sur ordiphone nécessite une application, disponible pour Android sur f-droid ou playstore.

ℹ️ Un guide d'utilisation de jitsi par jcfrog.

Astuce : si ça fonctionne mal sous Firefox, essaye avec le navigateur Chromium ou Chrome.

Astuce : Jitsi meet fonctionne bien jusqu'à 4-5 personnes, beaucoup moins bien au dela

(identique à framatalk)

3. Etherpad Lite : documents collaboratifs

➡️ https://pad.faimaison.net/

Rédaction collaborative de texte.

(identique aux framapads)

4. Mumble : audio-conférence

Conférences audio + chat, y compris avec de nombreux·ses participant·e·s.

➡️ https://mumble.faimaison.net (interface web, sans rien installer)

➡️ mumble://mumble.faimaison.net (en utilisant le logiciel mumble)

Astuce : si ça n'est pas stable via l'interface web, essaye en installant le logiciel mumble sur ton ordi.

Quelques règles

L'accès est libre et gratuit, FAImaison ne fait aucun commerce ou usage de vos données, cependant quelques bonnes pratiques :

  • Si ta structure le permet, essaye de favoriser l'installation d'outils en interne plutôt que d'utiliser ceux de FAImaison ou de framasoft.
  • si la vidéo t'es inutile, tu peux t'en tenir à l'audio, ça économise les ressources ;

⚠️ Pour l'instant aucune garantie que ces services ne soient pérénisés au-delà de la crise sanitaire. ⚠️

Tu veux aider ?

Quelques idées :

  • Faire un don à FAImaison (les dons en mots gentils sont acceptés 🥰)
  • Apporter ton aide au Groupe de Soutien en cas de Crise Numérique (GSCN) : adminsys, support…
  • Si c'est dans tes cordes, installer toi aussi des services en accès libres (et communiquer dessus, par exemple ou )
  • Rejoindre ou monter un CHATONS, parce que le long terme, c'est bien aussi 😊.

Pour aller plus loin…

Que fait la Police ? Elle se renseigne…

samedi 7 mars 2020

Les FAI membres de la FFDN ont reçu une sollicitation amicale de la Direction Centrale de la Police Judiciaire visant à favoriser une collaboration. En gros, l’idée est de faciliter le travail de la police en identifiant une personne à contacter pour obtenir des renseignements et en recensant les catégories de données disponibles pour chaque utilisateur.

FAImaison, comme la plupart des autres membres de la FFDN, choisit de ne pas répondre à cette demande. Sans doute que les opérateurs commerciaux n’ont pas eu les mêmes précautions...

Pour une présentation complète du sujet, nous vous conseillons l’article de Neutrinet (et en plus, c’est drôle).

A compléter pour les plus courageux par l’article de La Quadrature du net sur l’action en cours devant la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE), contre le régime français de conservation généralisée des données de connexion et loi Renseignement.

Quelle place pour le numérique dans les municipales de 2020 ?

jeudi 5 mars 2020

De nombreux sujets sont abordés pendant les municipales, mais les questions liées à l'informatique libre, l'accès Internet ou l'intimité numérique sont particulièrement absentes des débats. C'est pourquoi FAImaison a choisi de questionner les personnes candidates sur ces questions.

Dans le cadre de ces élections municipales 2020, FAImaison a donc concocté et envoyé un questionnaire aux têtes de liste suivantes :

Pour Nantes :

  • Johana Rolland
  • Valérie Oppelt
  • Laurence Garnier
  • Eleanore Revel
  • Nicolas Bazille
  • Julie Laernoes
  • Riwan Chami
  • Hugo Sonnier

Pour Saint-Herblain :

  • Matthieu Annereau
  • Jean-François Tallio
  • Bertrand Affilé

Pour Rezé :

  • Hervé Neau
  • Gerard Allard
  • Philippe Sellier
  • François Nicolas
  • Eric Buquen
  • Jean-Michel Soccoja
  • Yannick Louarn

Et voici le questionnaire !

  1. Comment comptez-vous former les citoyens et citoyennes à la protection de leurs données personnelles, notamment les plus jeunes et les séniors ?
  2. Comment garantir la bonne application du RGPD (réglement général sur la protection des données) par les différents services de la ville ?
  3. Comment comptez-vous garantir la sécurité des données personnelles des citoyens face aux cyberattaques de plus en plus nombreuses visant les collectivités ?
  4. Comptez-vous favoriser l'usage des logiciels libres dans l'ensemble de l'administration ? Comment ?
  5. Êtes-vous pour ou contre la vidéo-surveillance ?
  6. Êtes-vous pour ou contre la reconnaissance faciale ?
  7. Depuis quelques mois, l'accès Internet via Nantes Wifi public ouvre automatiquement une page sur le moteur de recherche Google (entreprise des GAFAM, Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). Seriez-vous d'accord de modifier cela pour proposer par défaut Qwant ou DuckDuckGo ?
  8. (question pour les listes de Rezé uniquement) Que pensez-vous du portail captif requérant le passage par les GAFAMs pour l'accès au réseau WiFi Rezé-public ?

Un billet sera publié à l'issu du premier tour du dimanche 15 mars 2020 avec les réponses reçues.

La nouvelle plateforme de virtualisation est disponible !

jeudi 5 décembre 2019

Voici l'annonce officielle de la disponibilité aux adhérents de la nouvelle plateforme de virtualisation1 !

Vous rêviez d'avoir un serveur chez FAImaison sur Internet avec toute la redondance matérielle2 possible, FAImaison l'a fait !

Effectivement après plusieurs mois de discussions et de travail, nous avons un socle solide pour accueillir nos machines virtuelles.

Pour les tarifs, nous fonctionnons toujours à prix libre. Et nous pouvons espérer qu'à terme les coûts de revient des machines virtuelles se réduisent d'ici quelques temps.

Comment avoir une machine virtuelle sur la nouvelle infrastructure ?

Si vous souhaitez une machine virtuelle, il faut s'adresser à la liste suivi-virtu@faimaison.net.
Ensuite avec votre nouveau compte, vous accéderez à l'interface de gestion. Pour le déploiement de votre machine virtuelle, nous pouvons vous aider et notamment vous guider sur le chiffrement des données avec LUKS.
Dans tous les cas, vous avez accès à la séquence de démarrage de votre machine virtuelle.
Si vous avez une VM sur l'ancienne infrastructure, il faudra la réinstaller si vous souhaitez migrer vers la nouvelle infrastructure.

Quelle est la suite ?

Il reste à réaliser la documentation d'utilisation des VM sous PROXMOX chez FAImaison sur notre wiki. Un coup de main serait le bienvenu, si vous êtes intéressés n'hesitez pas à envoyer un mail sur la liste discussions@faimaison.net

Nous réaliserons aussi un atelier spécifique en janvier 2020 après les premiers tests de nos adhérents afin de partager les connaissances autour de cette infrastructure.

Pour la suite, l'association espère mettre à disposition un service de sauvegarde pour les adhérents (le serveur est déjà en place)…

L'équipe virtu reste à votre disposition pour toute question ou demande via la liste suivi-virtu@faimaison.net

Vous pouvez vous lâcher !

Un grand merci à l'équipe virtu : gilou, cthuluh, lidstah et tonio


  1. La plateforme est composée de 3 hyperviseurs PROXMOX (serveurs) soit un total de 150 Go de RAM et de 36 CORE.
    Pour le stockage, nous commençons avec 16To dont 10To sont alloués aux adhérents. Il est possible d'ajouter du stockage par des tiroirs de disques de 16To utiles. 

  2. Les 3 serveurs PROXMOX sont en cluster : en cas d'arrêt ou maintenance d'un serveur, il est possible de déplacer les VM sur les 2 autres.
    Le stockage est protégé par un RAID en cas de perte d'un disque et par 2 contrôleurs disques en redondance. 

😘 Merci les lutins ! #mécénatcodelutin

jeudi 19 septembre 2019

C'était pendant le mois de juin, on a vu passer ce message de Code Lutin qui souhaitait apporter un soutien financier à des initiatives promouvant les valeurs du Libre.

Notre association porte depuis longtemps le message des internets libres. Et sans même avoir fait de candidature formelle, les lutins nous ont entendus ! FAImaison a été choisie ✌️, parmi d'autres initiatives comme Exodus Privacy, la Quadrature du Net, ReadFlow ou WikiLovesMonuments

Pour se rendre compte des différents projets soutenus, on peut lire sur leur site la page qui mentionne toutes ces contributions.

Profitons de ce billet pour saluer cette initiative, et leur dire encore un grand merci !! <3

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Lien vers le formulaire original https://framaforms.org/mecenat-code-lutin-2019-1558435179

Petite histoire d’une émancipation numérique familiale : au revoir Google, bonjour liberté !

jeudi 23 mai 2019

Ce billet est une contribution d'un membre de FAImaison qui gère un hébergement numérique libre pour sa famille sur leprette.fr et nous en donne un petit historique…

Leprette.fr est une AMAP-I because Am'appy (I'm happy) d'appartenir aux CHATONS de FAImaison !

Leprette.fr est une Autre Manière d'Agir pour la Préservation d'Internet (AMAPI) qui s'interconnecte aux autres Collectifs des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires (CHATONS) grâce au fournisseur d'accès à Internet associatif FAImaison.

Chez leprette.fr nous autohébergeons nos courriels, nous synchronisons nos contacts et calendriers, nous partageons nos fichiers et photos, nous discutons en ligne (par écrit, avec la voix et la vidéo), nous contribuons au partage de l'information à l'aide de notre propre serveur Yunohost.

Vampires de données : au bûcher !

Un démarrage progressif…

L’aventure de leprette.fr commence concrètement en juin 2015 lorsque le nom de domaine est acquis par la famille Leprette, qu’un site Internet apparaît sur la toile et que plusieurs adresses de courriel sont créées.

Sur le site, on pouvait lire la description suivante : « Leprette.fr, un nom de domaine familial pour retrouver de la liberté sur Internet. »

À l’époque, pour 5€/an, un·e membre de la famille pouvait bénéficier à la fois d'une adresse de courriel et d’un nom de domaine pour héberger une page web. L’option leprette.com est arrivée à l’automne pour satisfaire des envies d’internationalisme.

Cela s’inscrivait parfaitement dans la démarche Dégooglisons Internet de l'association Framasoft qui avait alors publié un article sur leprette.fr.

Et c’est donc tout naturellement que leprette.fr est devenu un des premiers CHATONS.

Suivi d'une pause pour parcourir le monde…

Seulement voila, à cette époque, j’explorais le monde et je ne pouvais pas faire plus, pas même prendre la responsabilité d’administrer mon serveur. Je déléguais donc cette tâche à un hébergeur.

Pourtant, sur le site d’alors et dans l’article de Framasoft, l’envie de participer plus grandement à la décentralisation de l’Internet était bien mentionnée.

Alors, quand je suis revenu m’installer en France, un peu contraint et forcé, expulsé d’Iran après 3 ans vécus là-bas dont plus d’un an d’incarcération pour avoir eu des liaisons hors mariage, entre un non musulman et des musulmanes… et que la décision était prise de déménager en Bretagne et de quitter notre zone blanche du Var desservie uniquement par l’opérateur historique, j’ai insisté pour que nous adhérions à FAImaison afin de pouvoir autohéberger, avec Yunohost, notre cher CHATONS familial leprette.fr.

Finalement, une émancipation numérique complète pour la famille

Logo du CHATONS leprette.fr

Pour cela, j’ai organisé une commande groupée au sein de FAImaison de modems DSL reconditionnés (leprette.fr préfère utiliser du matériel à faible empreinte environnementale) et reprogrammés avec un système libre basé sur GNU/Linux (OpenWRT). J’ai d’ailleurs rédigé un tutoriel expliquant comment configurer un modem OpenWRT pour l’ADSL FAImaison, et un autre expliquant comment configurer un routeur OpenWRT pour optimiser la téléphonie sur IP.

Notre accès ADSL est géré par FAImaison, qui est membre de la FFDN et qui défend et promeut la neutralité du Net.

Toujours dans l’idée de réemployer du matériel ancien, j’ai recyclé un ordinateur de 2009 qu’on me donnait. J’y ai installé Yunohost pour autohéberger nos outils numériques.

Ce n’est donc qu’aujourd’hui que leprette.fr peut véritablement respecter la charte des CHATONS et s’afficher fièrement en tant qu’hébergeur éthique et respectueux des données de ses utilisateur·rice·s.

Nous sommes désormais une dizaine à nous émanciper progressivement des GAFAM. Courriels, gestion de contacts, calendriers partagés, moteur de recherche, partage de fichiers, discussion instantanée et appels audio et vidéo sont autant d’usages dont nous avons déjà retrouvé le contrôle. Le réseau social décentralisé Mastodon suivra dès sa disponibilité sur Yunohost. Par contre Pixelfed (hébergement d’images) ou Peertube (hébergement de vidéos) ne sont pas envisageables avec le débit trop faible de notre connexion ADSL.

Le futur : améliorer l'installation, aider d'autres familles

Il faudra être très patient, car comme l’indique le baromètre de la FFDN sur la fibre, en Bretagne, aucune initiative politique n’a encore été prise pour que les petits opérateurs réseaux, notamment les FAI membres de la Fédération FDN, puissent bénéficier de bonnes conditions pour opérer les réseaux FTTH (réseaux de la fibre).

J’aimerais poursuivre cette démarche en créant une entreprise qui permettrait à une famille qui souhaite s’autohéberger, de se procurer une machine composée de matériel libre à faible consommation électrique et évolutive (mémoire vive, disque dur, microprocesseur…), avec Yunohost préconfiguré avec les services désirés (nom de domaine, certificat Let’s Encrypt, VPN, et applications compatibles avec la connexion internet et la machine). Le tout devrait être « Plug’n’Play » pour en faciliter l’installation.

Nous démontrons la possibilité de retrouver liberté et intimité en maîtrisant tous les maillons de l’autohébergement : logiciel libre tant sur le modem que pour la fourniture des services en ligne, et un FAI local garantissant vie privée et universalité du réseau, le tout en limitant l’impact environnemental.

Pelletée de remerciements

Alors que les bulles de filtres des GAFAM contribuent à l’obscurantisme et à la surveillance de masse, la convergence d’associations, collectifs et projets libres nous permet de construire des alternatives à grande échelle, émancipatrices et respectueuses.

Merci donc à FAImaison, FDN, Framasoft, Yunohost, Nextcloud, Matrix… Et à tou·te·s les acteur·rice·s du logiciel libre en général !

Et, à titre plus personnel…

Merci Framasoft de m’avoir fait découvrir le libre (en 2002 ou 2003) et d’être toujours présent pour stimuler nos lectures (si je n’utilise plus que très rarement framalibre, je suis un lecteur régulier du framablog).

Merci à M. Stallman pour avoir ouvert la voie du libre.

Merci à M. Laborde, M. Moreau et tou·te·s celles et ceux qui travaillent à l’émergence des monnaies libres.

Merci à mon ami Frank, pour newebe, pour cozy (même si… tu sais, ton choix aurait été meilleur) et nos discussions sur le libre, l’autohébergement, et la monnaie libre.

Merci à Mozilla pour Firefox et Thunderbird, le plus vieux couple de logiciels libres que nous utilisons dans la famille.

Merci à M. Bayart à qui j’emprunte parfois la citation suivante, « L'imprimerie a permis au peuple de lire, l'Internet permet au peuple d'écrire! ».

Enfin, merci à mon père qui m’écoute et me fait confiance sur les sujets techniques (béta testeur à mes côtés sur de nombreux projets comme newebe, CozyCloud, LineageOS, Yunohost…) et qui toujours s’intéresse à l’impact politique et sociétal du « libre ».

A ma mère et ma sœur qui toujours m’écoutent et cherchent à comprendre toutes mes batailles pour le logiciel libre, la neutralité du net, les données personnelles et surtout s’efforcent à mettre en pratique des « usages sains » de l’informatique et à passer le mot.

Et à mes cousin·e·s, mon frère et mon oncle aussi qui ne s’abandonnent pas à la facilité qu’offrent les GAFAM et ont déjà rejoint leprette.fr. Sans eux, l’aventure n’aurait pas de sens.

Plusieurs événements nantais dans le cadre du Festival des Libertés Numériques 2019

vendredi 11 janvier 2019

Dans le cadre du 2ème édition du Festival des Libertés Numériques qui se déroule du 25 janvier au 09 février, l'association FAImaison et le collectif Café vie privée à Nantes proposent plusieurs événements sur Nantes :

Mardi 29.01 : Écriture et numérique, quelles libertés ?

L’association A LA CRIÉE, laboratoire d’ invention sociale, en partenariat avec FAImaison, fournisseur d’accès à Internet nantais, animera un atelier permettant d’explorer des formes d’écriture(s) numérique(s) et de réfléchir sur les libertés mobilisées.

  • 19h - Bar associatif La Dérive, 1 rue du Gué Robert, 44000 Nantes

Vendredi 01.02 : Éxercer ses droits avec le RGPD, comment faire ?

Le RGPD, Règlement Général à la Protection des Données, entré en application en mai 2018, consacre de nouveaux droits pour les personnes.

Après une brève présentation de ces droits, nous verrons dans quels cas ils peuvent être utilisés, quelle est la procédure à suivre et ce qu’on peut obtenir.

  • 19h à 21h - Bar associatif La Dérive, 1 rue du Gué Robert, 44000 Nantes

Samedi 02.02 : Café vie privée

Venez apprendre à protéger votre vie privée et vos données personnelles lors des ateliers d'autodéfense numérique qui auront lieu tout au long de l'après-midi : protéger ses données et son intimité en ligne, gérer ses mots de passe, s’initier au chiffrement, préserver son anonymat avec Tails et Tor, protéger son trafic sur Internet avec un VPN, etc.

Venez avec votre ordinateur ou votre smartphone, et si vous voulez installer Tails, pensez à venir avec une clé USB avec un espace d’au moins 8Go.

  • 14h à 18h - Maison de quartier Madeleine Champ-de-Mars, 22 rue Émile Péhant, 44000 Nantes

Mercredi 06.02 : Projection du documentaire « Nothing To Hide »

Le documentaire « Nothing To Hide » de Marc Meillassoux et Mihaela Gladovic, réalisé en 2017, aborde l' impact de la surveillance de masse sur nos comportements.

La projection sera suivie d'une discussion entre le public et des membres de l'association FAImaison autour du droit à la vie privée.

  • 19h à 21h - Médiathèque Jacques Demy, Salle Jules Vallès, 24 quai de la Fosse, 44000 Nantes

Samedi 09.02 : Conférence Internet c'est nous

Pourquoi et comment construire un Internet local et engagé ?

FAImaison est justement une association qui fabrique des accès Internet à Nantes. Plusieurs membres de l’association viendront expliquer, au-delà des aspects techniques, les enjeux humains et politiques de la réappropriation citoyenne d’Internet.

  • 19h à 21h - Médiathèque Jacques Demy, Salle Jules Vallès, 24 quai de la Fosse, 44000 Nantes

L'entrée des événements est libre, et c'est ouvert à toutes et à tous !

Bannière de l'événement

Le Festival des Libertés Numériques est coordonné par les bibliothécaires de l’INSA Rennes. Il s’inscrit dans le mouvement international des CryptoParties, également appelés café vie privée ou chiffrofête.

Plus d'infos sur le festival : fdln.insa-rennes.fr

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